British Petroleum

Au centre des malversations anglo-américaines qui menèrent au coup d’état de 1953 contre le gouvernement iranien nationaliste de Mossadeq, la Anglo-Iranian Oil Company, comme était alors connue la BP, se partage le pétrole iranien avec les cinq grandes pétrolières américaines, la Royal Dutch Shell et la Compagnie Française des Pétroles.

Après une période de privatisations, d’acquisitions, de fusions et de restructurations, on retrouve nos joyeux compères en plein dans les eaux troubles de la négligence, des accidents industriels et des manipulations économiques et politiques :

  • 1965, une plateforme de forage en mer se brise, 13 personnes sont tuées.
  • 1990 à 2005, aux États-Unis seulement, les installations de BP ont été le théâtre de plus de 3.565 accidents.
  • 1997 à 1998, plus d’une centaine d’incidents de déversement d’hydrocarbures.
  • 1999, BP est jugé coupable de déversements de déchets dangereux en Alaska.
  • 2005, l’explosion dans une raffinerie à Texas City cause la mort de 15 personnes et en blesse 180 autres.
  • 2006, la fuite d’un oléoduc d’une exploitation pétrolifère à Prudhoe Bay, en Alaska, répand entre 760 000 et un million de barils de pétrole brut dans la toundra.
  • 2006 encore, BP s’entends hors-cours avec les agriculteurs colombiens pour ne pas faire face à des accusations à la Haute Court de Londres pour avoir bénéficié du régime de terreur mis en place par le gouvernement Colombien pour protéger l’oléoduc de la compagnie.
  • 2007, des négociants de la compagnie sont jugés coupables d’avoir manipuler le prix du propane.
  • 2008, TNK/BP, une joint-venture, paie une amende de 1,1 milliard de roubles pour avoir contourné la législation anti-monopole et maintenu artificiellement élevés les prix des produits pétroliers.
  • 2009, Une inspection sur le site de l’explosion de 2005 permet de constater 270 infractions à la sécurité qui avaient déjà été citées, mais pas corrigées et 439 nouvelles violations.
  • 2010, dans le golfe du Mexique, la plate-forme Deepwater Horizon explose, générant dans un premier temps un incendie puis une marée noire sans précédent.
  • 2010 encore, quelques semaines plus tard, l’oléoduc trans-Alaska, détenu en partie par la firme, est fermé suite à une fuite de plusieurs milliers de barils de pétrole brut à environ 150 km au sud de Fairbanks.

BP est l’une des nombreuses entreprises impliquées dans l’extraction du pétrole des sables bitumineux du Canada, un processus qui produit quatre fois plus de CO2 que le forage conventionnel. Les Cris décrivent BP comme complice du «plus grand crime contre l’environnement sur la planète».

BP a aussi été critiqué pour sa participation au gazoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, en raison de préoccupations quant au respect des droits de l’homme ainsi que des questions environnementales et de sécurité.

En outre, BP est accusé, avec les autres groupes pétroliers possédant des forages au Nigéria, de contribuer aux nombreuses marées noires occasionnées dans le delta du Niger, dont le nombre est estimé à plus de 300 par an (plus de 7 000 ont été officiellement recensées par les autorités nigérianes entre 1970 et 2000, sur plus de 2 000 grands sites de pollution), pour une quantité totale de pétrole brut de 1,5 millions de tonnes en un demi-siècle (soit 10 à 15 millions de barils). Ces firmes sont également accusées de bloquer la législation dans ce pays et de violer les droits de l’homme.

Pas de doute, BP est un fier membre du club des Bienfaiteurs de l’humanité.

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