Monsanto

Cette multinationale spécialisée dans les biotechnologies, l’agroalimentaire et la chimie pourrait se résumer en un mot : toxique.

Nous lui devons, entre autre l’agent orange qui, à lui seul, assure à cette entreprise une place de choix dans le club des bienfaiteurs, par ces conséquences désastreuses sur la vie humaine et l’environnement. Ce défoliant fut utilisé massivement dans les guerres du sud-est asiatique, notamment au Vietnam où son utilisation entraina mort, mutilations, malformations congénitales, cancers et autres maladies.

«Vietnam estimates 400,000 people were killed or maimed by the defoliants, 500,000 children have been born with defects from retardation to spina bifida and a further two million people have suffered cancers or other illnesses.»
(Source : ‘Last ghost’ of the Vietnam War – The Globe and Mail)

Elle a aussi produit les polychlorobiphényles, les PCB de triste mémoire, maintenant interdits à cause de leur forte toxicité, en particulier pour le foetus chez qui ces produits peuvent causer des malformations ou même des séquelles neurologiques.

Une de ses anciennes divisions, NutraSweet, commercialise l’aspartame, aux effets secondaires nombreux et dont j’ai parlé dans un autre de mes carnets Les élucubrations du roi nu: Aspartame. Détail amusant, le premier produit de Monsanto fut la saccharine, le plus ancien des édulcorants, aujourd’hui banni dans de nombreux pays à cause de ses effets potentiellement cancérigènes.

Depuis les années 1980, Monsanto concentre ses activités dans le domaine des organismes génétiquement modifiés (o.g.m.), principalement les semences de monocultures : coton, colza, maïs, pomme de terre, soya. Plusieurs de ces semences sont conçues pour résister au glyphosate, plus connu sous le nom de roundup, leur herbicide vedette, faussement décrit comme biodégradable et écologique, car si le glyphosate est effectivement rapidement dégradé, ses produits de dégradation s’accumulent dans les nappes phréatiques.

Mais revenons aux o.g.m. : Le débat est loin d’être clos quant à leur supposée innocuité pour la santé et l’environnement. Ce qui rends la question difficile à trancher c’est que,

«aucune recherche véritablement indépendante ne peut être légalement conduite sur beaucoup de questions critiques, compte tenu de l’attitude des producteurs de semences génétiquement modifiées. Ces sociétés seraient très réticentes devant les recherches effectuées sur leurs produits : se prévalant de leurs brevets, elles soumettent leur autorisation à effectuer des études à des conditions que les scientifiques indépendants ne peuvent pas toujours accepter, ou la refusent d’emblée. Ces restrictions ont également une influence sur le processus législatif : […] Les institutions se voient réduites à prendre des décisions à partir d’études scientifiques dont les données, protocoles et interprétations sont gardés secrets.»
(Source : Débat sur les organismes génétiquement modifiés – Wikipédia, section Débat méthodologique sur la qualité des études scientifiques)

Mais il n’y pas que ses produits qui sont toxiques. La firme utilise tous les moyens légaux et extra-légaux nécéssaires pour assurer ses profits et sa position dominante quasi-monopolistique : le lobbying, la manipulation scientifique et médiatique et même  l’intimidation. Ainsi Monsanto n’hésite pas à poursuivre en justice les agriculteurs dont les champs ont été contaminés par des espèces génétiquement modifiées dont elle contrôle les brevets.

En outre, de nombreux ex-employés de Monsanto détiennent des postes importants dans des agences gouvernementales comme la FDA, l’EPA et la Court Suprème des États-Unis. (Source : Monsanto – Wikipedia section Public officials’ connections to Monsanto)

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